Y’a rien que j’aime plus que le hasard auquel je ne crois pas

by sOlenn

     Tu remontes la rue de Clignancourt. Elle est longue. Surgit une vitrine. Entre deux coiffeurs africains. Une vitrine comme même en rêve t’avais jamais vu. Une enseigne. “Le terrier”. Et tous ces corps qui t’appellent. Tu les regardes et eux non. Ils ne te regardent pas. Des cordes leur sortent des yeux. Tu frottes les tien. C’est trop beau pour être vrai. Tu chopes la bandoulière de ton Pentax pour un shoot sauvage. Mais la vitre reflète les voitures garées devant et les passants pressés. Alors tu t’agaces.

Puis derrière toi, dans la rue,  une présence. L’homme à la main une clef. Il ouvre le terrier. Tu veux rentrer? Comme par hasard. Comme le lapin d’Alice au pays des merveilles qui l’entraîne dans une folle course. Je rentre dans le terrier. Quelques clichés.  Mais mon temps me presse. Je reviendrai.

Et je reviens. Il s’appelle Paul Toupet. On n’a pas idée, s’appeler Paul toupet c’est beau. Quelque chose comme trente ans d’âge au compteur. Ni torturé ni maudit ni bobo, il ne joue pas à l’artiste, et te raconte en toute simplicité qu’il est ami avec Lydia Lunch, égérie punk des années 90. Il te parle aussi d’art primitif, sa première source d’inspiration. Pendant une heure je fais clic-clac avec le déclencheur lui posant des questions écoutant d’une oreille distraite les réponses, c’est dur d’écouter sans les yeux et mes yeux sont à ses sculptures, j’ai mal écouté c’est vrai mais j’ai vu tellement. Cela était criant. Plus que tous les mots du monde. Je me tais. Y’a qu’à voir.

Pour en savoir plus sur lui,  Le site de Paul Toupet .

Le blog du magazine HEY!

(Prochain numéro en kiosque en Décembre avec la participation de Paul Toupet)